The Baby

The Baby
2014
Matt Bettinelli-Olpin, Tyler Gillett

Oui, il y a eu depuis Blair Witch une révolution du found footing, principe qui consiste à faire un film se basant sur des gens qui filment. Cela permet de rendre l’histoire plus « réaliste » et surtout de réduire drastiquement le budget. Il y a eu Paranormal Activity pour le cinéma d’horreur et Chronicle, transposant le concept à la SF. Mais aujourd’hui ce procédé se multiplie avec facilité, et les projets y ayant recours font de moins en moins preuve d’originalité.

Pour le petit pitch qui sert à plagier Paranormal Activity, on se contentera ici d’un couple, fraîchement marié, qui est parti en lune de miel en république dominicaine. Sur place, alpagué par un chauffeur de taxi, le couple va se retrouver embarqué dans une cérémonie sataniste aussitôt oubliée le lendemain. Quelques semaines plus tard, ils se réjouirent de l’arrivée d’un heureux événement. Mais pauvres fous : la conception est l’œuvre du diable ! Jour après jour, des phénomènes étranges vont se multiplier…

Alerte overdose ! Il suffit les caméras embarquées, les caméras de surveillance et autres stratagèmes usés jusqu’à la moelle ! Il n’y a aucune logique, aucun intérêt à adopter ce modèle, du moins en s’en servant pour un racolage si flagrant. Cachez ce billet que je ne saurai accepter ! Et puis de toute façon, si seulement ça représentait le seul problème du film… En effet, il met un temps improbable à dessiner son histoire pour si peu de résultat. Il faudra attendre le dernier quart pour avoir droit à quelques manifestations intéressantes, mais la finesse de l’art de la peur est décidément bien loin. On ne notera pas non plus de fin tonitruante, les dernières séquences, toujours aussi stupides, pâtiront plus que n’importe quel autre passage de l’utilisation catastrophique des caméras. Avec le Dernier Exorcisme, ce genre de daube a tendance à se multiplier et les perles horrifiques se font de plus en plus rares…

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Last days of Summer

Last days of Summer
2014
Jason Reitman

Réalisateur de films atypiques sur la détresse humaine, Jason Reitman nous revient avec un nouveau drame sur un petite famille de campagne qui recevra une visite qui changera leur vie. Passé complètement inaperçu durant la période des cérémonies (tout juste une nomination pour son actrice aux Golden Globes), le film a en plus connu une sacrée débâcle lors de sa sortie en salle à domicile en janvier dernier, malgré des critiques plutôt positives. Mais le problème semble plus être lié au potentiel commercial qu’à la qualité première.

Evénement majeur dans sa vie, Henry Wheeler (Tobey Maguire) revient sur le week-end qui a précédé son entrée en 4°, alors qu’il avait 13 ans. Il vivait paisiblement avec sa mère dans une petite ville rurale où il ne se passe généralement rien, mais ce jour là, la prison du conté vit l’un de ses prisonniers réussir son évasion : Frank (Josh Brolin). Blessé et seul, il n’avait ni planque ni possibilité d’aide extérieure et en appela à la générosité de Henry. Mais face à la réticence de sa mère (Kate Winslet), il n’eu de choix que d’user de la menace. Activement recherché par les forces de l’ordre, il s’abrita ainsi chez eux. Loin de l’image du truand classique et dangereux, Henry et sa mère vont peu à peu découvrir un homme bon et généreux, et vont commencer à s’attacher à lui.

Une mère et son fils qui abritent un fugitif, ça ne paye pas de mine à première vue, mais bien au delà de tout critère scénaristique, le film s’impose naturellement. Une douce lumière qui vient tamiser une pièce chaleureuse, un simple regard échangé, un service rendu généreusement : le film transcendent chaque aspect du quotidien en lui donnant un caractère surréaliste quasi divin, comme si l’arrivée de cet homme ranimait le foyer. La complicité s’installe modestement et la vie semble briller de mille feux. Une petite ode au bonheur, fruit du hasard ou du destin, berçant un spectateur ravit par tant de délicatesse. Mais difficile d’oublier la terrible épée de Damoclès qui se fait de plus en plus menaçante à mesure que le danger semble s’écarter car plus les journées sont belles et plus la prochaine tempête sera dévastatrice. La fin aurait pu choisir l’apothéose, mais on ne bascule pas non plus dans une orientation complètement décevante, et on l’accueil ainsi en demi-teinte. Une belle romance très soignée, portée par d’excellents acteurs incarnant des personnages très profonds, mais il manque tout de même une dimension scénaristique, en l’état un peu trop étouffée.

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Suspect

Suspect
2013
Scott Walker

Inspiré d’une histoire vraie, ce thriller au casting cinq étoiles et pourtant jamais sorti en salle nous envoie sur les traces de Robert Hansen (John Cusack), l’un des plus dangereux meurtrier de ces dernières années. Responsable d’une vingtaine de meurtres dans les 70 et 80 de jeunes filles, généralement des prostituées, Robert était pourtant respecté de tous, avait une femme et des enfants. Seulement voilà : sa dernière victime en date, Cindy Paulson (Vanessa Hudgens), a réussi à s’échapper et a témoigné contre lui. Mais faute de preuves, impossible de l’écrouer. Fraîchement promu à la tête de l’affaire, le sergent Jack Halcombe (Nicolas Cage) a bien l’intention de faire tomber ce psychopathe dont des dizaines d’affaires pourraient correspondre au mode opératoire que Robert avait utilisé dans une vieille histoire où il avait été jugé coupable dans sa jeunesse. Mais face à un assassin qui a réussi à passer à travers les mailles du filet pendant autant d’années, l’acharnement ne sera pas suffisant…

Estampiller un film « tiré d’une histoire vraie » fait toujours son petit effet, mais s’en vient alors un problème logique : comment sait-on que c’est une histoire vraie ? Il n’y a alors pas deux solutions : l’identité du meurtrier à été percée. Alors à quoi bon jouer la fausse carte du suspense ? Ainsi, le film dévoile d’emblée Robert Hansen comme le responsable de toute ces disparitions. Erreur ! Grossière erreur ! Oui, forcément quelqu’un sera acculé, arrêté ou tout du moins dévoilé par une quelconque preuve irréfutable, mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas créer un suspens jusqu’à la fin autour du responsable ! Finalement il y aura bien quelques esquisses de mystères scénaristiques comme le devenir de l’unique témoin, Cindy, ou bien l’aboutissement de l’enquête et la façon dont tout prendra fin. Bonne surprise de ce côté là : la petite pirouette est appréciable. Un thriller plutôt bien ficelé donc, et même si en dehors des jolis plans aériens la réalisation déçoit, on saluera le défilé d’acteurs prestigieux avec en plus des trois grands principaux les participations de Radha Mitchell (Silent Hill et Pitch Black) et Dean Norris (Breaking Bad).

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Crazy Joe

Crazy Joe
2013
Steven Knight

Se décrivant lui même comme un mauvais acteur incapable de faire autre chose, Jason Statham se retrouve une nouvelle fois dans la peau d’un gros dur : Joey Jones. Ex militaire ayant commit des atrocités durant la guerre d’Afghanistan, ne supportant plus les horreurs dont il était l’instrument, il est aujourd’hui un déserteur, se cachant au milieu des SDF des rues de Londres (un cas classique si on en croit les statistiques qui répertorient 10% des clochards comme des anciens militaires). Mais la vie peut y être dangereuse : deux détrousseurs s’en prirent à lui et une amie. S’en étant sorti in extremis, Joe apprit néanmoins une terrible nouvelle : son amie est depuis portée disparue. Si quelqu’un lui a fait du mal, il en payera le prix…

Malgré le fait que l’acteur campe éternellement le même genre de bad-ass, ses films se suivent mais ne se ressemblent pas. Point de gros film d’action ou d’effusion de sang, d’ultra violence ou de trash. Un film plutôt sobre, plus mature que d’habitude et où le scénario creuse beaucoup la psychologie des personnages. Un « revenge-movie » réfléchit et posé, peut-être trop d’ailleurs. En effet, le film met pas mal de temps à installer son intrigue, relativement faible au passage. Un manque de rythme évident, peu d’action voir pas du tout, et une ligne directrice de prime abord assez floue. Puis le film se dévoile un peu plus, dépeint une relation intéressante avec la bonne-sœur et nous donne envie d’en découvrir d’avantage. Sans doutes les attentes devenaient démesurées, mais la fin ne rendra pas justice au chemin parcouru, craquant dans les derniers instants en nous refusant la meilleure fin possible. Dommage, on en restera à de simples attentions maladroites.

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Tous les espoirs sont permis

Tous les espoirs sont permis
2012
David Frankel

L’amour dure t-il toujours ? Pour certains il dure trois ans, pour d’autre une soirée. C’est vrai, qui n’a jamais connu l’expérience d’un vieux couple dont la flamme s’est éteinte depuis des lustres mais qui, faute de volonté ou par commodité, reste en cohabitation ? C’est le triste sort qui s’est abattu sur Kay (Meryl Streep) et Arnold (Tommy Lee Jones), vieux couple sexagénaire dont la vie est devenue bien morne depuis quelques années. Ils ne s’échangent que des politesses, se croisent dans une maison qui n’a plus rien d’un doux nid d’amour, ne dorment plus ensemble, ne regardent même plus la télé à deux, et seul le dîné fait malencontreusement croiser leurs regards à l’occasion. Mais pour Kay, les choses ne peuvent plus durer et cette cohabitation plus très amicale la pèse. Veine tentative pour Arold qui nie tout problème, mais Kay veut tout de même essayer une thérapie conjugale (prodiguée par Steve Carell).

Quand on s’imagine une thérapie de couple, on s’imagine direct un règlement de comptes potentiellement jubilatoire où les frustrations accumulées année après année se déchaînent. Mais le film n’est clairement pas orienté comique, et on découvrira plus une mise en abîme de la lassitude. Un axe décevant et plutôt lourd à porter tant ce couple qui vacille est fébrile et semble prêt à éclater à n’importe quel moment. De plus, même si on sait que l’alchimie et l’attirance sont les bases d’une bonne relation, les conseils prodigués par leur thérapeute tournent un peu en rond. Manque d’étoffement donc, mais on se rattrapera un peu sur les performances des acteurs, émouvants et attachants. On regrettera aussi l’avancement poussif des progrès, d’autant que régulièrement régressifs. Une belle idée bien mise en forme mais qui manque cruellement de fond.

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Un Plan Parfait

Un Plan Parfait
2012
Pascal Chaumeil

Grosse production française qui se devait d’être un grand succès, le film fut un bide avec seulement 1,2 millions d’entrées en France, très loin de rentabiliser l’investissement, soulevant ainsi un débat qui sera relancé quelques mois plus tard avec Eyjafjallajökull puisque dans les deux cas, le film ne fut pas rentable et Dany Boon reçut trois millions d’euros de cachet. Heureusement qu’il se rattrape sur ses propres films… Encore est-il qu’une fois de plus, l’insuccès est amplement mérité.

Des plus saugrenue, l’histoire explique à elle seule l’échec du film. Dans la famille d’Isabelle (Diane Kruger), une malédiction semble frapper chaque femme de la famille : chaque premier mariage est un échec, mais le second est toujours le bon. En couple depuis dix ans avec son âme sœur, Isabelle craint de se marier et décide donc d’organiser un mariage bidon pour contrer la malédiction. Normalement arrangé avec un coréen, son plan va tomber à l’eau et elle va choisir de partir au Kenya avec Jean-Yves (Dany Boon), le parfait pigeon. Elle qui se voyait mariée et divorcée en moins de deux, son plan parfait va lui donner plus de fil à retordre que prévu.

Le film commence très mal. Être superstitieux c’est une chose, mais de là à claquer cinq mille euros pour un mariage bidon, y’a de quoi s’interroger. Pire encore, partir sur un coup de tête au Kenya pour suivre un abruti de première en espérant se marier en quelques jours avec lui, et re-claquer au passage trois mile euros, ça en devient ridicule. Lourdingue et improbable, le scénario va en plus largement pâtir de ses deux personnages principaux : l’un étant invraisemblablement stupide et l’autre une garce finie, tous deux antipathiques au possible. Quelques passages un peu plus drôles sauvent le film de la noyade, notamment grâce à Jonathan Cohen et ses interventions dans l’histoire d’Alice Pol, mais le scénario est franchement affligeant. La dernière partie en Russie est à vomir et le final est ridicule. De beaux paysages, quelques têtes connues bien que mal exploitées, un humour parfois drôle. Rien de très réjouissant pour cette romance vide, incohérente et décérébrée.

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La Stratégie Ender

La Stratégie Ender
2013
Gavin Hood

Passé de main en main depuis plus d’une décennie, l’ambitieux projet d’adapter la saga SF de l’écrivain Orson Scott Card débarquait enfin sur nos écrans il y a quelques mois. Considéré comme un classique de la littérature de science-fiction, le film se devait d’être un événement, et sa campagne publicitaire fut effectivement à la hauteur en terme de diffusion, mais pas de qualité. Vendu comme une nouvelle franchise pour ados, le film n’a clairement pas trouvé son public : malgré de bonnes critiques, les résultats n’ont pas suivit. Seulement 125 M$ pour un budget conséquent de 110 M$, clairement pas de quoi financer la suite des aventures. Il faut dire que le film ne s’adresse pas tellement au jeune public, pointant du doigt un marketing de ciblage douteux.

Adapté du premier volume du cycle Ender, le film nous place dans un contexte de crise dans un futur assez éloigné. La Terre se remet tout juste de la pire guerre de son histoire. En quête d’une planète compatible pour une colonisation, une race extraterrestre supérieure s’était montrée hostile lors du premier contact et une guerre éclata entre les deux espèces, gagnée miraculeusement grâce au courage d’un homme : Mazer Rackham (Ben Kingsley). Depuis, la situation est critique et la menace d’une nouvelle attaque de grande envergure plane sur l’humanité. Pour prendre les devants, les meilleurs enfants à travers le monde ont été recrutés et formés pour éventuellement prendre un jour le commandement et mener la contre-offensive. En charge du recrutement de l’élite de l’élite, le colonel Graff (Harrison Ford) a jeté son dévolu sur Ender Wiggin (Asa Butterfield), recrue au fort potentiel qui pourrait bien être le fin stratège capable de défier et vaincre les extraterrestres.

Après avoir bien établi le contexte oppressant qu’est celui de cette menace intergalactique, le film nous plonge au cœur d’un entraînement de haut niveau à la structure très proche de l’armée. Il est loin de temps des internats conviviaux à la Harry Potter : ici on fait de l’intensif. Peu de suspens en ce qui concerne le devenir de Ender : le potentiel est là et tout sera fait pour le pousser au maximum. Bien interprété, ce personnage qui aurait pu avoir l’arrogance des enfants rois est finalement quelqu’un de très humble et amical malgré sa rage de vaincre et son besoin d’autorité. Le film ne perd pas de temps lui non plus : doté d’un rythme à toutes épreuves, il enchaîne les étapes de formation avec une efficacité et une netteté quasi incomparable. On y découvre plein de personnages atypiques et intéressant, que ce soit dans au sein des élèves (Moises Arias, Hailee Steinfeld) ou en dehors (Abigail Breslin). La dernière ligne droite sera en revanche un peu moins précise bien que tout aussi passionnante, et nous réservera même quelques pirouettes scénaristiques. Si de base l’histoire est déjà très prenante, on ne peut que féliciter son développement, imparable et logique. Un petit manque de surprises donc, mais ça reste tout de même très solide. Autre très grand point fort du film : son visuel. Doté d’effets spéciaux magnifiques, il peut aussi compter sur des plans renversants et une direction artistique soignée, nous bluffant presque au travers de son jeu vidéo. Une petite perle du genre donc, qui allie profondeur scénaristique, univers visuel réussi et personnages attachants. Dommage que cette belle aventure s’arrête si prématurément…

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Mille Mots

Mille Mots
2012
Brian Robbins

Comme la plupart des acteurs, Eddie Murphy a connu quelques bides dans sa carrière, incluant l’un des plus retentissant de l’histoire avec Pluto Nash (7 M$ dans le monde pour un budget de 100 M$ avec à la clef des records de moyennes par copie, dans le mauvais sens du terme). Mais ces dernières années les choses ont systématiquement mal tourné pour le pauvre comédien dont les trois derniers premiers rôles ont largement été déficitaires. Généralement mérités, ses insuccès vont se trouver pour une fois contredit.

L’ex icone de la comédie américaine incarne ici Jack McCall, un riche éditeur littéraire accompli. Roi de la tchatche, il peut vendre n’importe quoi à n’importe qui et décrocher les meilleurs contrats au meilleur prix. Sa nouvelle cible ? Le grand philosophe bouddhiste Sinja dont le mouvement est d’une ampleur phénoménale. Toutes les agences rêvent d’obtenir les droits de son premier livre, mais il n’y a qu’un Jack, mystifiant le prophète. Du moins croyait-il. Pour le punir de sa cupidité et de son mépris des autres, un arbre va émergé du sol et lui jeter une terrible malédiction : pour chaque mot prononcé une feuille tombera de l’arbre. Et si toutes les feuilles tombent, il mourra. Le temps de comprendre la situation, Jack va réaliser qu’il ne lui reste plus qu’un millier de mot avant de mourir…

Comme une sorte de métaphore du cancer, l’imminence de la mort donne à réfléchir avec cet inquiétant arbre. Le film se compose alors de deux parties : la peur et la rédemption. Dans pareille situation, on ne peut que se sentir en pleine injustice, chercher des coupables, s’apitoyer sur son sort, assister impuissant à sa propre destruction. Une première et large phase placée sous le signe de la comédie, drôle par moments et jamais en dessous de la ceinture, un exploit rare par les temps qui courent. Il y aura bien sûr quelques scènes d’humiliation publique et guignolesques, mais rien de franchement handicapant. Puis vient enfin la dernière ligne droite : la résiliation, l’apaisement. Bref, l’heure de régler ses comptes pour partir l’esprit tranquille. Si on pouvait occasionnellement douter de la qualité de l’idée originale, nos appréhensions sont balayées avec brio dans un final touchant, à tel point qu’il nous en viendrait presque les larmes aux yeux. Bien sûr, les acteurs ne sont pas tellement brillants et il serait aisé avec un scénario aussi bon de faire quelque chose de plus abouti, mais le plaisir est là, entre humour et émotion.

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Robocop

Robocop
1988
Paul Verhoeven

Petit film de science fiction réalisé par un quasi inconnu, le film est entré dans la léfende depuis. Doté d’un petit budget 13 M$, le film totalisa 53 M$ de recettes sur le seul territoire américain, un bel exploit pour Paul Verhoeven, devenu une référence du milieu SF, mais qui n’avait jusqu’alors jamais eu les honneurs d’une sortie en salle aux Etats-Unis. Désormais classique du cinéma, son film reste t-il une valeur sûre après tant d’années ?

La situation s’est largement détérioré ces dernières années à Detroit, à tel point que la police n’est plus que de la chair à canon bonne à se faire descendre par les mafieux. Fraîchement débarqué au sein des services de l’ordre, Alex J. Murphy (Peter Weller) était sur les traces d’un groupe de braqueurs, mais sans renforts et avec des moyens bien moindre face aux malfaiteurs, il se fit tuer dès son premier jour. Un bien triste sort, mais pour le service de sécurité nouvellement en charge de la ville, c’est une aubaine : ils vont transformer ce qui reste de lui en un robot invincible qui œuvrera en tant que policier suprême.

Les débuts du numérique n’ont pas été une source d’inspiration fructueuse pour tous. Si Tron avait réussi à en tirer un univers visuel singulier qui reste aujourd’hui saisissant, on ne peux pas en dire autant des robots de ce film. Pourtant, ces espèces d’incrustation ratées que sont les golems de guerre auraient pu être très réussis, la preuve en est avec l’humanoïde qu’est Robocop, fruit du maquillage et des costumes : un bel exemple de réussite intemporelle et réaliste. En parlant de réalisme, si globalement l’histoire de complot se tient et fait même preuve de profondeur avec notamment les règles des machines à la Asimov, quelques points sont un peu bancals voir incohérents. Difficile de passer à côté de la scène d’éveil où le gigantesque Robocop est obligé de lever les yeux pour regarder les gens qu’il croise, ou bien tout ce qui entoure sa mémoire, car difficile de faire appel à eux quand on a eu la cervelle explosée. C’est ce qu’on appelle un trou de mémoire. De plus, la vision « futuriste » est risible : censé se passer à l’aube de l’an 2000, le film se base sur une technologie médicale ahurissante alors que l’informatique semble bloquée à ses balbutiements. Le côté SF du film n’est donc pas spécialement réussi, mais on retiendra un certain réalisme dans l’action, notamment de par la violence extrême qui régit les règlements de comptes, parfois très gores. Semble t-il trop ambitieux pour son époque (son personnage principal n’arrive pas à s’imposer comme une arme ultime faute de déplacements trop lourds et lents), le film reste malgré tout un film plutôt bien construit, reposant sur des idées originales et un univers certes pessimiste mais bien retranscrit.

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Sur la piste du Marsupilami

Sur la piste du Marsupilami
2012
Alain Chabat

Célèbre mascotte dérivée de l’univers de Spirou, le Marsupilami fut inventé en 1951 par André Franquin, et il y a deux ans la BD débarquait sur nos écrans, non sans faire de bruit. Projet des plus ambitieux, le film pouvait compter sur un budget colossal de 40 M€, une campagne de promotion virulente et même des critiques de presse excellentes. Sans avoir un succès à la mesure de l’événement, les 5,2 millions d’entrées du film (et 48 M$ dans le monde) ont néanmoins presque réussi à le rentabiliser, et ce malgré des retours plutôt mauvais de la part des spectateurs.

Dans le pays imaginaire de la la Palombie, un mythe raconte l’histoire d’un singe aux parures de léopard, à la force herculéenne et doté d’une queue immense : le Marsupilami. Animateur télé raté qui n’a fait carrière que grâce à son père et un mensonge, Dan Geraldo (Alain Chabat) est au bord du gouffre : ses émission n’attirent personne et son poste est sur un siège éjectable. Expédié dans les jungles inhospitalières de la Palombie, il a pour obligation de ramener un sujet extraordinaire. Mais avec un incapable pour guide, Pablito Camaron (Jamel Debbouze), la mission s’avère difficile, d’autant que le pouvoir en place (Lambert Wilson) vient tout juste d’être renversé par un botaniste fou (Fred Testo) bien décidé à mettre la main sur l’animal avant eux.

Qu’il est loin le temps de l’humour décomplexé des Nuls… Si son réalisateur arrivera à quelques moments à renouer avec la fibre d’antan, surtout dans la seconde moitié, le film est globalement assez pauvre et débile, réitérant un gag pourtant interdit : le gros méchant avec une voix à l’hélium. Deux ans d’âge mental, mais au moins c’est assumé, ou presque (à certains moments la cohérence en prendra un coup). Bien sûr, avec un personnage fantastique au cœur de l’intrigue, on ne s’attendait pas à une profonde réflexion sur le sens de la vie, mais tout de même. Le cadre « reporter » n’a rien de très crédible, l’idée de dictature est ratée et mieux vaut oublier le botaniste, méchant de l’histoire, tant son rôle n’apporte rien. Le film est-il mauvais pour autant ? Pas totalement non plus : le cadre est agréable, le casting sympathique (citons parmi les rôles plus secondaires Géraldine Nakache et Patrick Timsit), la trame de la piste du Marsupilami aventureuse, et la modélisation de l’animal n’est pas trop mal faite. Plus encore, les fans de la BD seront heureux de retrouver plein de références, de gags emprunts à l’ouvrage, et on retrouvera même le chant présent dans le dessin animé. Probablement suffisant pour les petits, les plus grands auront en revanche un peu de mal à accrocher, d’autant que le tout met énormément de temps à s’installer.

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