Pronostiques fin d’année (suite)

Donc après avoir analyser ce qui nous attend en France, voici le sort qui pourrait être réservé aux films aux Etats-Unis et dans le monde.

Semaine du 20 septembre :
Thriller qui promet beaucoup et qui pourrait compter sur une large présence aux Oscars, Prisoners ne fera probablement pas un énorme démarrage (inférieur à 30 M$), mais son maintient sera fort, surtout s’il ressort après de possibles récompenses. Sur cette semaine sa concurrence est modérée entre Insidious 2 qui perdra près de 70% (donc tout juste plus 10 M$ sur le week-end) et Battle of the Year, faiblement diffusé et qui peinera à arriver second. Néanmoins, son potentiel international le rattrapera pas mal. A noter aussi la sortie limitée de Rush de Ron Howard, qui connaîtra son expansion la semaine d’après. Si déjà la F1 ramera en Europe, elle sera encore plus faible ailleurs.
Estimations :
Prioners : 140 M$ (USA) et 350 M$ (monde)
Battle of the Year : 30 M$ (USA) et 110 M$ (monde)
Rush : 20 M$ (USA) et 65 M$ (monde)

Semaine du 27 septembre :
Une semaine marquée par le retour de Cloudy, le film d’animation sympathique où une ville subissaitune attaque de nourriture suite à une expérience scientifique. Le premier connu un gros succès de par la 3D, aujourd’hui boudée. Malheureusement l’absence de film pour enfant en fera un succès avec un premier week-end avoisinant les 40 M$, mais son apparente nullité l’empêchera d’aller tellement au delà des 124 M$ de son prédécesseur. En revanche, ses scores internationaux devraient s’envoler disproportionnellement. On retrouvera aussi une comédie pour afro-américain, Baggage Claim, le bide annoncé de Don Juan, de et avec Joseph-Gordon Levitt, et la sortie limitée de Metallica Through the Never, ovni qui fera son petit buzz.
Estimations :
Cloudy with a Chance of Meatballs 2 : 145 M$ (USA) et 380 M$ (monde)
Metallica Through the Never : 25 M$ (USA) et 40 M$ (monde)
Don Juan : 20 M$ (USA) et 30 M$ (monde)
Baggage Claim : 18 M$ (USA) et 20 M$ (monde)

Semaine du 04 octobre :
Deux mastodontes vont s’affronter pour la première place, et si Runner Runner va cartonner (Players en VF), ce sera sans doute Gravity qui fera non seulement le plus gros démarrage (à peu près 37 M$ Vs 28 M$), mais en plus il pourrait mieux se maintenir grâce à son buzz quant à sa forte présence aux Oscars. Premier vrai film avec Ben Affleck depuis sa consécration Argo, Players profitera aussi de son buzz Batman Vs Superman, et Justin Timberlake est devenu une valeur sûre. Mais assurément la dérive spatiale de Gravity captivera bien au delà.
Estimations :
Players : 110 M$ (USA) et 250 M$ (monde)
Gravity : 190 M$ (USA) et 475 M$ (monde)

Semaine du 11 octobre :
Après son échec retentissant de Green Zone, Paul Greengrass espère retrouver les faveurs du public grâce à Tom Hanks, qui n’a pourtant pas connu de succès commercial depuis quatre ans. Le sujet de Capitaine Philips est classique, et il n’est pas sûr que sa réalisation dynamique et son côté politique en fasse un hit. Son sort sera en revanche nettement meilleur que Machete Kills, car si ce nanar en puissance semble jouissif, le public reste restreint, même si les atouts supplémentaires lui donneront un petit bonus, surtout à l’international.
Estimations :
Capitaine Philips : 45 M$ (USA) et 110 M$ (monde)
Machete Kills : 28 M$ (USA) et 55 M$ (monde)

Semaine du 18 octobre :
Trois sorties nationales et un film indépendant qui devrait s’en sortir. Ceux qui s’affronteront pour la première place sont Carrie, remake du classique qui ira forcément beaucoup plus haut que celui d’Evil Dead, et Escape Plan, ou Evasion en Vf, un film sombre et bourrin avec Stallone et Schwarzy. Du potentiel mais il fera moins bien que le dernier Expendables. Prometteur mais plus modeste, Le cinquième pouvoir fera lui aussi son bonhomme de chemin, mais rien de comparable. Racontant la vie des fondateurs de la Beat-Generation, Kill Your Darlings possède un sacré casting (Daniel Radcliff, Dane DeHaan, Michael C. Hall, Ben Foster) et pourrait progressivement gagner sa sortie nationale.
Estimations :
Evasion : 65 M$ (USA) et 190 M$ (monde)
Carrie : 70 M$ (USA) et 150 M$ (monde)
Le Cinquième pouvoir : 25 M$ (USA) et 70 M$ (monde)
Kill Your Darlings : 15 M$ (USA) et 25 M$ (monde)

Semaine du 25 octobre :
Perdant son temps à faire autre chose que Prometheus 2, Ridley Scott nous fait son Savages à lui avec son Cartel, prenant aussi place dans ce milieu austère et dangereux. Plus porteur qu’Oliver Stone, il fera mieux, mais pas énormément. Arrêtée pour cause du décès de l’un des principaux protagonistes, la saga Jackass passe le relais avec Bad Grandpa, toujours avec Johnny Knoxville. Il emportera une partie des fans avec lui, mais pas tous.
Estimations :
Cartel : 55 M$ (USA) et 100 M$ (monde)
Bad Grandpa : 50 M$ (USA) et 70 M$ (monde)

Semaine du 01 novembre :
La semaine sera très tendue avec le bide programmé de la Stratégie Ender, déjà sûre de s’effondrer en seconde semaine face à Thor. Heureusement, ça n’est pas un petit film d’animation sur des dindes mal faites (Free Birds) surfant sur Thanksgiving et un Very Bad Trip pour vieux (Last Vegas), ni même Il était temps, romance avec Rachel McAdams dont l’expansion aura lieu la semaine d’après, qui vont lui faire de l’ombre. En somme, la semaine sera catastrophique avec trois bides, même si Ender se rattrapera sur l’étranger.
Estimations :
La Stratégie Ender : 85 M$ (USA) et 270 M$ (monde)
Free Birds : 35 M$ (USA) et 60 M$ (monde)
Last Vegas : 25 M$ (USA) et 40 M$ (monde)
Il était temps : 15 M$ (USA) et 35 M$ (monde)

Semaine du 08 novembre :
Après des semaines de bides et déceptions dans les salles, le mastodonte Thor 2 va tout rafler, presque autant que Iron Man 3. Second personnage de Marvel le plus populaire, le passage des Avengers devrait lui donner le même boost que son compagnon en armure, à savoir doubler son score (ce qui ferai aux alentours de 900 M$). La concurrence sera très très rude pour les prochaines semaines, donc le plus gros de son évolution sera à chercher du côté de l’étranger, mais le milliard est clairement abordable.
Estimations :
Thor – Le monde des ténèbres : 310 M$ (USA) et 1 030 M$ (monde)

Semaine du 15 novembre :
Si trois sorties « wide » sont prévues pour cette semaine, deux d’entre elles ne feront pas plus de 20 M$ et ne sortiront probablement pas chez nous, donc qu’importe. En revanche, voici le second coup de poker le plus couillu de l’année pour Leonardo DiCaprio, qui après son Gatsby sortant juste après Iron Man 3, le voici retentant le diable avec Le Loup de Wall Street qui fait face à la deuxième semaine de Thor 2. La période est très propice aux exploits : Thanksgiving étant une sacrément bonne période pour le cinéma. Mais il faudra probablement se contenter de moins que Gatsby.
Estimations :
Le Loup de Wall Street : 120 M$ (USA) et 260 M$ (monde)

Semaine du 22 novembre :
Troisième superproduction d’affilée, Hunger Games – L’embrasement vient se caler dans l’habituel créneau calendaire des Twilight, montrant une fois de plus son arrivisme. Bien accueilli pour sa première adaptation, cette suite, bien que ne se faisant pas trop d’illusion quant à égaler les 408 M$ natif du premier volet, espère bien améliorer sensiblement les résultats à l’étranger, très décevants d’autant que le succès tonitruant américain est survenu avant la sortie mondiale. C’est certain que ces résultats seront battus, mais les pronostiques avoisinant le milliard font doucement rire. Du rire, il en sera question dans la dernière comédie avec Vince Vaughn : Delivery Man. Son seul nom fera vendre, mais sa série de semi-échecs risque de continuer.
Estimations :
Hunger Games – L’embrasement : 340 M$ (USA) et 700 M$ (monde)
Delivery Man : 40 M$ (USA) et 70 M$ (monde)

Semaine du 27 novembre (décalage pour cause de Thanksgiving) :
Pas les plus riches, les afro-américains ne se déplacent pas tellement au cinéma en dehors des Tyler Perry, et difficile de croire que Black Nativity atteindra la barre des 10 M$ sur son lancement de cinq jours. Même chose pour le remake de Oldboy : malgré sa qualité la version originale n’a même pas fait un million. Bon cru en revanche pour Jason Statham et son prochain film d’action Homefront : avec Stallone à l’écriture et James Franco en partenaire à l’écran, son standard de 15-25 M$ sera dépassé. Mais bien sûr le film le plus attendu de cette semaine est le dernier film d’animation de Disney, La Reine des Neiges. Avec sa période propice et l’absence de réelle concurrence dans ce domaine avant trois semaines, son succès sera total.
Estimations :
La Reine des Neiges : 280 M$ (USA) et 750 M$ (monde)
Homefront : 30 M$ (USA) et 65 M$ (monde)

Semaine du 06 décembre :
Après une large période qui devrait établir un nouveau record d’affluence pour un mois de novembre, une seule nouveauté sera présence : Out of the Furnace. Film de guerre au casting prestigieux, il joue la carte de la contre-programmation, et cela devrait lui être profitable. Par contre, l’exportation sera plus compliquée…
Estimations :
Out of the Furnace : 70 M$ (USA) et 120 M$ (monde)

Semaine du 13 décembre :
Gros phénomène aux Etats-Unis, inexistant en France, le prochain Tyler Perry s’attaque à Noël avec A Madea Christmas. Sa moyenne de 50-60 M$ sera difficilement atteinte, car difficile de résister à Tolkien. Seconde partie du Hobbit, La Désolation de Smaug va souffrir à réitérer les 303 M$ tant les retours n’étaient pas unanimes, score pourtant inférieur à tous les Seigneurs des Anneaux, même le premier. Heureusement, le précieux milliard devrait être sauvé par une légère amélioration globale, surtout grâce au marché asiatique.
Estimations :
Le Hobbit – La Désolation de Smaug : 290 M$ (USA) et 1 020 M$ (monde)
A Madea Christmas : 48 M$ (USA)

Semaine du 20 décembre :
Inconnu en dehors de chez lui, Anchorman revient dans un contexte compliqué, et si la période est favorable en principe, il ne pourra pas approcher de ses scores d’antan. Heureusement, il ne pourra que faire mieux à l’étranger où il avait peiné à faire 5 M$ contre 85 M$ là bas. Deux outsider seront aussi présent avec d’un côté le biopic sur Walt Dinsey par Tom Hanks (Saving Mr. Banks) – la carte Oscar sera quand même dure à sortir – et de l’autre un film de guerre au casting puissant (The Monuments Men), mais la seconde guerre mondiale n’est pas un bon sujet. Reste bien sûr l’événement de la semaine, en espérant que la Fox fasse ce qui est nécessaire, Sur la terre des dinosaures, splendide film d’animation.
Estimations :
Sur la terre des dinosaures : 160 M$ (USA) et 410 M$ (monde)
Anchorman 2 : 75 M$ (USA) et 95 M$ (monde)
Saving Mr. Banks : 45 M$ (USA) et 80 M$ (monde)
The Monuments Men : 35 M$ (USA) et 75 M$ (monde)

Semaine du 25 décembre :
Ben Stiller Oscar du meilleur acteur ? Il semblerait que Noël apporte aux américains une perle d’une rare saveur avec La vie rêvée de Walter Mitty, qui s’annonce comme une brillante vision onirique et troublante de l’imaginaire. Peut-être pas le meilleur démarrage de la semaine, sa carrière en impressionnera plus d’un. Blockbuster de la semaine, Jack Ryan sonne le reboot d’une saga éteinte depuis onze ans, et comme tout bon gros film d’action à fort budget, il rempliera son rôle, contrairement à 47 Ronin, film d’art-martiaux avec Keanu Reeves. Mais qu’il se rassure, ses résultats en Asie seront très bons. A noter aussi un film sur la boxe avec DeNiro contre Stallone (Grudge Match) : comme quoi faut savoir s’arrêter. David O. Russell à la réalisation, Bradley Cooper et Jennifer Lawrence derrière : le même trio gagnant de l’oscarisé Happyness Therapie. American Hustle trouvera sa place, mais son histoire d’escrocs des années 70 peinera à convaincre.
Estimations :
La vie rêvée de Walter Mitty : 210 M$ (USA) et 440 M$ (monde)
Jack Ryan : 115 M$ (USA) et 270 M$ (monde)
American Hustle : 45 M$ (USA) et 105 M$ (monde)
47 Ronin : 25 M$ (USA) et 75 M$ (monde)
Grudge Match : 30 M$ (USA) et 45 M$ (monde)

Et voilà, ne reste maintenant plus qu’à attendre et voir se confirmer ou s’infirmer ces pronostiques, en espérant que la qualité primera.

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Promised Land

Promised Land
2013
Gus Van Sant

Qu’est-ce que le gaz de schiste ? Pas grand monde ne le sait vraiment, il est vrai que cette énergie ne nous concerne pas beaucoup. Très présente aux Etats-Unis, cette énergie verte à bas coût – qui transforme le gaz prisonnier des roches de profondeur en alimentation énergétique – leur a nous seulement permis de redynamiser des secteurs délaissés, mais a aussi rendu le pays indépendant énergiquement. Exit le charbon et le pétrole : voici l’avenir du monde.

Représentant marketing de Global Industrie, grand groupe spécialisé dans l’extraction du gaz de schiste, Steve (Matt Damon) sillonne le pays avec sa partenaire Sue (Frances McDormand) pour trouver des terres particulièrement riches et à la population particulièrement pauvre. Non seulement leurs coûts s’en trouvent réduits, mais en plus il font le bonheur d’une ville en leur apportant richesse et prospérité. Quand on propose à un fermier en faillite des perspectives se chiffrant en millions, l’entreprise prend des airs d’association caritative. Mais arrivé dans un village de campagne, Steve tomba pour la première fois sur des habitants rejetant sa proposition en bloque.

Méconnue de par chez nous, cette énergie est sur le papier une véritable bénédiction. Mais qu’en est-il vraiment ? Il semblerait en effet que les matériaux utilisés pour le forage soient dangereux (des produits chimiques servant parfois à moudre le sol), et peuvent potentiellement contaminer les nappes phréatiques et cours d’eau. Des impondérables balayé d’un mot par le charismatique Matt Damon, défendant sa cause avec conviction et panache. Deux phrases mettent simplement fin à tout débat : « dire non au schiste c’est soutenir les usines de charbon et les forages pétroliers » ; « vaut-il mieux s’enrichir pour refaire sa vie ailleurs ou rester là à attendre de crever ? ». Et pourtant, entre un militant écolo peu scrupuleux et le manque de volonté d’une ville, les choses ne seront pas si simple. Un sujet assez passionnant, porté par un immense acteur et un cadre soigné, mais malheureusement la fin viendra ternir le tableau avec sa morale douteuse. Un beau film mais dont la force de conviction s’effilera inexorablement.

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Phantom

Phantom
2013
Todd Robinson

Classé neuvième pire démarrage de l’histoire aux Etats-Unis pour une sortie nationale, diffusé dans plus de mille salles durant une semaine, il a péniblement rapporté un million, faisant une jolie moyenne de 130 spectateurs par cinéma en l’espace d’une semaine : la rentabilité du siècle. Alors forcément, ce naufrage n’a eu d’autre choix que de passer directement par la case DVD chez nous. Pourtant, le pitch de base semblait intéressant : nous conter l’histoire d’un sous-marin porté mystérieusement disparu en 1968.

Jolie clin d’œil, le film reprend cette même énigme historique qui avait donné lieu à une investigation dans les X-Files, dont son héros (David Duchovny) est ici le méchant. Ainsi, dans une période de guerre froide, le commandant Demi (Ed Harris) et son second Alex (William Fichtner) sont chargés de tester à bord d’un de leurs sous-marin russe une nouvelle technologie qui pourrait faire pencher cette guerre en leur faveur : le projet Phantom. Que se passerait-il si un sous-marin pouvait brouiller les radars pour se faire passer pour n’importe quel vaisseau de n’importe quelle nationalité ?

Ça alors, les russe sont ici les gentils et ce sont les américains les méchants ! Non ? Eh bien malheureusement ce petit postulat de départ va vite tomber, car en réalité la Russie complote pour faire éclater cette guerre que les « pacifistes d’américains » (ah ah ah !) ne veulent pas. Oh vilain le KGB ! Une prise de partie flagrante et insupportable tant le politiquement correct est écrasant. Mais le réel problème du film, c’est que non seulement il est très lent, mais en plus on ne comprend que tardivement sa nature exacte. Pire encore, une fois tourtes les clefs en main, le constat est ennuyeux. Ce n’est pas les quelques bataillent sous-marines d’un autre âge qui sauveront la mise. On se torche avec l’histoire, on vous emmerde et vive l’Amérique ! Tout est dit…

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Pronostiques fin d’année

Succès et bides, quels seront les temps forts du cinéma pour les derniers mois de l’année ? En France, aux Etats-Unis et à l’international (dans une seconde analyse qui suivra), voici une étude sur ce qui nous attend probablement.

En France

Semaine du 18 septembre :
Relativement grosse semaine que voilà, avec un blockbuster français, un film de bobos, de la SF, et la dernière comédie américaine à succès. Celui qui s’en sortira assurément vainqueur est Les Invincibles. Si Depardieu n’est plus tout à fait dans les bonnes grâces, et si le dernier Astérix fut un énorme bide, on peux facilement imaginer le film réitérer l’élan des Seigneurs, peut-être pas aussi fort. Pour Riddick, même si la formule semble avoir été retrouvée, pas sûr qu’il face aussi bien que son prédécesseur et ses 706 280 entrées. Les deux autres seront sans nul doutes largement boudés, et si Les Millers se hisse au score de Comment tuer son boss ?, ça serait plus que surprenant. Elle s’en va et Liberace n’arriveront probablement même pas aux cent mille entrées.
Estimations :
Les Invincibles (2,2 millions d’entrées) Vs Riddick (0,6) Vs Les Millers (0,7)

Semaine du 25 septembre :
Laissant une semaine de répit après Les Invincibles, pas grand chose au programme, si ce n’est une comédie avec Denzel Washington et Mark Wahlberg (2 Guns), le dernier Woody Allen (Blue Jasmin) qui attisera peut-être la curiosité de quelques cinéphiles, un Ron Howard au sujet peu parlant, la course de formule 1 (Rush), et peut-être un des jolies succès de ce début d’année, Players : bon casting, bonne histoire.
Estimations :
Players (1,2) Vs 2 Guns (0,7) Vs Blue Jasmin (0,6) Vs Rush (0,4)

Semaine du 02 octobre :
Premier bide annoncé de l’année : Eyjafjallajökull. Danny Boon ne fait plus vendre, et ce film sans originalité qui tente de baser sa sympathie sur un titre imprononçable va sans problèmes faire aussi décevant que Un plan parfait, ramant à faire son million. Mal accueilli par la presse, le biopic sur Diana ne fera pas mieux que La Dame de fer, et Parkland, retraçant l’assassinat de Kennedy, n’aura même pas de diffusion suffisante pour atteindre le top 10. Une semaine aussi marquée par les suites avec Machete Kills (le premier avait fait moins de 0,2) et Insidious : Chapitre 2 (0,45 pour le 1) devraient faire légèrement mieux que leur prédécesseur, surtout Insidious où il pourrait faire presque deux fois plus qu’à l’aller.
Estimations :
Eyjafjallajökull (1,2) Vs Insidious 2 (0,7) Vs Diana (0,5) Vs Machete Kills (0,3)

Semaine du 09 octobre :
À nouveau, plein de productions insignifiantes cette semaine, mais trois films devraient sortir du lot : Prisoners, qui promet déjà un Oscar à Hugh Jackman, Planes, le premier film d’animation depuis des lustres, et le fameux La vie d’Adèle, le film sur les lesbiennes qui a tout raflé à Cannes. Le problème, c’est que dans le genre sulfureux Jeune & Jolie n’attendra pas le million (à peu près 0,9) et que sa durée de trois heures en rebutera plus d’un. Mise à part ça, la comédie à succès C’est la fin fera à coup sûr quelques entrées, mais ratera aussi le million.
Estimations :
Prisoners (1,7) Vs Planes (1,5) Vs La Vie d’Adèle (0,9) Vs C’est la fin (0,8)

Semaine du 16 octobre :
Premier film français réellement intéressant, Au bonheur des ogres semble bon, repose sur un jeune acteur prometteur (Raphaël Personnaz), et les fans du livre s’y rueront aussi. Avec des vacances pas loin, il pourrait surprendre. Il devra faire avec le dernier film de Jean-Pierre Jeunet, le voyage mignon et surréaliste de T. S. Spivet, bien que son accueil reste incertain, pouvant aussi bien être un chef d’œuvre qu’une aventure d’enfant quelconque. Dupontel et son 9 mois ferme aura déjà plus de mal à convaincre, mais ses fans seront sans doute nombreux. Déjà gros bide un peu partout, la dernière adaptation de roman pour ados The Mortal Instruments se viandera sans problèmes en France, promit à encore moins que Sublimes Créatures. Quand à Turbo, sa confrontation directe avec Planes le tuera, l’animation étant sans pitié et son pitch étant insultant et médiocre, et avec T. S. Spivet jouant plus ou moins dans la même cour, il pourrait être l’un des rares films d’animation à rater le million. La semaine s’annonce comme l’une des plus problématiques de l’année tant la concurrence en laissera plus d’un sur le carreau.
Estimations :
Au bonheur des ogres (1,6) Vs L’Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet (1,4) Vs Turbo (0,9) Vs 9 mois ferme (0,6) Vs The Mortal Instruments (0,5)

Semaine du 23 Octobre :
Acclamé par la presse et pressenti aux Oscars, Gravity devrait faire du bruit, beaucoup de bruit. Largement plus que le dernier Besson (Malavita), bien que malgré des films de merde, faire moins d’un million d’entrées ne lui arrive presque jamais. Pour cette fois ? Pour Le Cœur des hommes 3, perdre l’un de ses quatre piliers sera probablement fatal à la saga dont le recul sera net.
Estimations :
Gravity (2,8) Vs Le Cœur des hommes 3 (1,3) Vs Malavita (0,9)

Semaine du 30 octobre :
Au programme : l’un des plus grands succès de l’histoire de la Corée du Sud (Snowpiercer), un remake de Starbuck avec José Garcia, Fonzy, et le très très attendu Thor 2. À l’image d’Iron Man 3 qui a presque doublé ses entrées grâce au succès des Avengers, une telle évolution est indubitablement ce qui attend Thor, qui devrait aisément doubler les 1,7 millions d’entrées de son prédécesseur.
Estimations :
Thor : le monde des ténèbres (3,6) Vs Fonzy (1,1) Vs Snowpiercer (0,5)

Semaine du 06 novembre :
Le box-office aura été particulièrement agité avec une quantité de hits pour la période des vacances de la Toussaint, et difficile de croire que le matraquage médiatique de La Stratégie Ender va payer. Heureusement, la France est friande de SF, et une bonne comparaison serait After Earth, dont les résultats devraient avoisiner. Ne restera alors plus grand monde pour voir En Solitaire avec François Cluzet, et Il était temps, dernière romance avec Rachel McAdams.
Estimations :
La Stratégie Ender (1,3) Vs En Solitaire (0,4) Vs Il était temps (0,3)

Semaine du 13 novembre :
Ou comment un vide peut cacher en cacher un autre : pas un seul millionnaire de possible. Le denier Tavernier (Quai d’Orsay) ? Loin s’en faut ! L’alliance Stallone / Schwarzenegger (Evasion) ? On aimerait bien mais non. Battle of the Year ? Il est vrai que chaque joute de danse estampillée Sexy Dance a à chaque fois progressé jusqu’à attendre 1,1 million d’entrées, mais difficile de faire autant pour un nouveau. Cartel de Ridley Scott avec son gros casting ? Peut-être plus que Savages et ses 0,5 mais le genre est plutôt restrictif.
Estimations :
Evasion (0,9) Vs Battle of the Year (0,8) Vs Cartel (0,7) Vs Quai d’Orsay (0,5)

Semaine du 20 novembre :
Quand Tom Hanks se la joue Argo, ça donne Capitaine Philips (histoire vraie + prise d’otage). C’est sûr, face à Rémi Gaillard – qui ne fera pas tellement plus que Norman – et la suite de L’Apprenti Père Noël (0,59), on se doute qu’il sera premier des nouveautés, mais pas sûr qu’il rassemble tellement…
Estimations :
Capitaine Philips (0,6) Vs L’Apprenti Père Noël et le flocon magique (0,4) Vs Rémi Gaillard est n’importe qui (0,3)

Semaine du 27 novembre :
Alors que les sagas littéraires échouent lamentablement à s’imposer depuis les fins de Harry Potter et Twilight, l’une d’elles, pourtant plagiat honteux de Battle Royal, a réussi à s’imposer avec panache faisait plus de 400 millions de dollars aux Etats-Unis : Hunger Games. Une actrice oscarisée, une campagne publicitaire colossale : les 1,7 millions d’entrées du premier seront éclipsées. Marion Cotillard en tête d’affiche de The Immigrant n’aura pas fière allure à côté, de même que la pauvre comédie Last Vegas, sorte de Very Bad Trip pour vieux.
Estimations :
Hunger Games – L’embrasement (2,4) Vs The Immigrant (0,6) Vs Last Vegas (0,3)

Semaine du 04 décembre :
Disney is back ! La Reine des neiges sera sans contestes le film d’animation de Noël, et battre les 3 millions d’entrées de moyennes de leurs dernières grosses production est plus qu’envisageable, même si le scénario semble à priori facile et classique. En revanche, celui qui aura du mal à faire aussi bien que d’habitude c’est Cédric Klapisch. Après L’Auberge espagnole (2,9) et Les Poupées russes (2,8), on attend forcément un grand succès pour ce troisième volet, mais sans doute moindre. Des scores qui laisseront sur le tapis le remake de Carrie, pourtant aguicheur, et les quelques autres prétendants, comme Zulu (film policier avec Orlando Bloom) et Le Cinquième Pouvoir, Biopic sur les dangers de la presse.
Estimations :
La Reine des Neiges (3,5) Vs Casse-tête chinois (2,2) Vs Carrie, la vengeance (0,8)

Semaine du 11 décembre :
Seul maître à bord cette semaine là, la second partie du Hobbit est attendue au tournant. Divisant autant qu’il a rassuré, la première partie de cette nouvelle trilogie d’héroïque-fantaisie de Peter Jackson avait réuni 4,5 millions de personnes en France, score honorable mais en deçà des scores du Seigneur des Anneaux. Soumit à une rude concurrence, il ne pourra guère progresser, à moins d’une intrigue nettement plus épique et d’un meilleur bouche à oreille.
Estimations :
Le Hobbit : la Désolation de Smaug (4,2)

Semaine du 18 décembre :
La semaine sera chargée, pour ne pas dire surchargée. Deux concurrent de poids vont s’affronter pour les audiences sur la famille : Belle et Sébastien, adaptation d’une série télé pour enfants, et Sur la terre des dinosaures, film d’animation particulièrement prometteur. Qui sera le plus fort entre le pouvoir d’un chien et d’un tricératops ? Désenchantés par le mauvais Boule & Bill, parents comme professeurs auront vite fait de faire leur choix. Sinon, on retrouvera aussi un remake de la saga d’aventure de la belle rouquine Angélique, qui espérons arrivera à rendre l’hommage mérité sans commettre trop d’impers (bien que le plus grave est déjà fait : sa couleur de cheveux). Mais quand on voit l’échec de Marius et Fanny, reflétant eux aussi une période insouciante et colorée, on doute du réel potentiel commercial. Quand à Keanu Reeves en samouraï dans 47 Ronin, il sera inexistant, de même que 16 ans.. ou presque, parodie sur les ados qui semble aussi lourde que vulgaire.
Estimations :
Sur la terre des dinosaures (2,3) Vs Belle et Sébastien (1,4) Vs Angélique (1,2)

Semaine du 25 décembre :
Si on excepte Don Juan avec Joseph-Gordon Levitt, qui n’aura peut-être même pas de diffusion nationale, la semaine gravitera autour du nouveau grand rôle de Leonardo DiCaprio dans Le Loup de Wall Street de Martin Scorsesse. Le même duo à l’origine de Shutter Island qui créa la surprise tant il fut excellent. Mais réunir encore 3 millions de personnes relèverait de l’exploit, surtout que le thème n’inspirera pas grand monde. S’il bat les 1,5 millions d’entrées de Gatsby, il sera déjà un grand succès.
Estimations :
Le Loup de Wall Street (1,8) Vs Don Juan (0,2)

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Gatsby le Magnifique

Gatsby le Magnifique
2013
Baz Luhrmann

Célèbre roman de Francis Scott Fitzgerald publié en 1925, il a déjà connu quelques adaptations cinématographiques, mais clairement aucune avant lui n’ont eu l’occasion de réunir 105 M$ de budget, le cachet des acteurs y étant pour beaucoup. Gros succès surprise, le film ayant été jugé trop mauvais pour les Oscars, sa sortie avait été repoussée pour la période estivale des blockbusters, le présentant comme un film « pop-corn » avec une reconversion 3D. Une campagne saluée car récolter presque 350 M$ dans le monde n’était pas évident, d’autant que les 145 M$ locaux tiennent du miracle avec une sortie une semaine après Iron Man 3 et une semaine avant Star Trek Into Darkness.

Prenant place dans les moments fastes de l’Amérique du début des années 20, le film nous conte le passage passionné et inoubliable de Nick Carraway (Tobey Maguire), jeune diplômé aspirant écrivain, mais qui fut prit dans la vague capitaliste et insouciante de la finance, alors qu’à Wall Street le cours de la bourse s’envolait chaque jour. Une vie faite de mondanités, au fond assez banales et qui lui ont laissé un souvenir amer. De cette vie il ne retiendra que Gasby (Leonardo DiCaprio), cet énigmatique voisin dont la maison se transformait chaque soir en épatante soirée grandiloquente où toutes les personnes les plus influentes célébraient la vie, sans même connaître ne serait-ce que le visage de cet hôte tapit dans la foule, attendant en réalité l’amour de sa vie, Daisy (Carey Mulligan).

Plus que classique dans sa narration, le film nous conte une histoire qui semble tellement loin, d’autant que la surenchère de moyens, de couleurs et la mise en scène aérienne n’aident pas à s’en rapprocher, le côté surréaliste prédominant. Mais d’un autre côté, avec un tel casting (citons aussi Isla Fisher et Jason Clarke) et un Gatsby aussi énigmatique, on est happé par cette histoire. Malheureusement, bien que son passé soit intéressant, il n’est pas aussi incroyable qu’on aurait souhaité, la légende dépassant la réalité. Et même si son interprète est toujours excellent, son personnage saoule pas mal avec ses « vieux frère », tic de langage insupportable. Un Gatsby pas si « magnifique », une histoire d’amour bancale (sa revisite dans la seconde saison de Californication est largement plus forte), une époque qui nous échappe de par sa mauvaise représentation, une longueur mal réglée : le film n’est clairement pas bon. Une large déception au vu du tapage qu’il a généré.

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La Chute de la Maison Blanche

La Chute de la Maison Blanche
2013
Antoine Fuqua

Une année et deux projets de gros film d’action sur la maison blanche. Véritable outsider malgré son gros casting et son confortable budget (70 M$), personne ne le voyait rivaliser avec l’énorme machine White House Down. Et pourtant, sans doute grâce à ses quelques mois d’avance pour sa sortie, il talonna son concurrent de plus de 25 M$ à domicile (98.9 Vs 72.4), bien que moins fort à l’international.

Ancien garde du corps du président des Etats-Unis (Aaron Eckhart), Mike (Gerard Butler) a malencontreusement dû quitter la garde, n’ayant pas réussi à sauver la femme du président lors d’une terrible nuit de tempête de neige. Mais aujourd’hui, la force des choses va l’obliger à reprendre du service. Prétextant vouloir s’entretenir sur le danger de son voisin du nord, la Corée du Sud a lancé un grand plan de destruction, kidnappant le président et lâchant sur la ville un avion blindé et une armée tout aussi dévastatrice, massacrant les passants comme les forces de police. Mais qui est derrière ce bain de sang, et quel est le but d’une telle opération ?

Quand on fait un film sur une attaque terroriste, les options sont assez limités, bien qu’ici le choix de Nord Coréen se faisant passé pour des du Sud sonne un chouia original. Ainsi, dès le début le film nous met dans l’ambiance avec une attaque aérienne gratuite sur la foule, massacrant les passants comme des malpropres. La prise de la maison est elle aussi impressionnante, d’autant que l’opération est très rapide. Mais le véritable intérêt du film est cet espèce de « survival » où un seul homme a résisté, et dans les ruines de cet emblème américain, le poids du monde repose sur lui. On notera au passage la présence de Morgan Freeman, président de remplacement durant la prise d’otage, et qui constitue le seul lien qu’à Mike avec l’extérieur. Un casting particulièrement solide pour une histoire qui l’est certes moins, mais dont la mise en scène et la force des scènes d’action contrebalancent cette faiblesse. Non sans rappeler le style Die Hard, le film n’en a malheureusement pas le niveau, mais ça reste du bon gros film d’action.

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Camille Redouble

Camille Redouble
2012
Noémie Lvovsky

De base, l’envie de cracher à la gueule du film est quasi irrépressible. Faire des remake ne date pas d’hier, mais il est rare que ce soit un film américain qui soit adapté en France. D’autant que le film en question, Peggy Sue s’est mariée, n’a pas prit une ride, et cette belle fable du géant Francis Ford Coppola, en plus de proposer un casting formidable, possédait bien des avantages que cette nouvelle version n’ose même pas en rêver. Mais le plus grave, c’est que cette appartenance fut honteusement cachée, le film ayant même concouru pour le César du meilleur scénario « original », heureusement refusé, en plus de toutes les autres nominations.

Pas de surprises donc côté scénario, les grandes lignes (entre autre), ont été intégralement reprises : ainsi, Camille (Noémie Lvovsky), mère quadragénaire, va s’évanouir lors d’une fête, et se réveiller des années plus tôt, lors de sa dernière année de lycée. Elle y retrouvera ses amies de l’époque, mais surtout ses parents décédés (Michel Vuillermoz et Yolande Moreau), et aura à faire face à son premier amour qui aura duré 25 ans et donné lieu à sa petite fille. Mais même si il y a eu des bons moments, la brutalité de sa rupture lui donne envie de se refaire une nouvelle vie.

Le principe reste donc le même : une femme retourne dans sa jeunesse, retombe amoureuse de celui qui plus tard lui brisera le cœur, mais rechigne à retourner avec pour ses fautes futures. Bien sûr quelques changements mineurs sont opérés, mais globalement l’histoire reste la même, reprenant carrément certains dialogues et des personnages secondaires comme le confident scientifique (Denis Podalydès), transformé ici en amant. Néanmoins, les deux films n’ont qualitativement rien a voir. Ce remake n’a ni la saveur nostalgique ni la douce poésie de son modèle. En plus de nous infliger un rythme mollasson, l’histoire perd en intérêt par l’appauvrissement de l’écart temporel, assujettit même à des anachronismes musicaux scandaleux. Mais le plus grave du point de vu de la cohérence est le choix du non-maquillage ou changements d’acteurs : des vieux coexistent avec des jeunes dans l’école, donnant lieu à des scènes risibles. Et il faut aussi faire avec un « humour jeune » débile, des dialogues insignifiants, et surtout plombé par un casting médiocre qui met encore plus en avant les problèmes d’ages. Dans cette optique, le scénario a même des airs de mauvaise idée, ennuyeux à outrance. Déjà pas très brillant ces derniers temps, le cinéma français commet ici un imper des plus indigestes.

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Magic Mike

Magic Mike
2012
Steven Soderbergh

Jamais là où on l’attend et cherchant continuellement le renouveau, Steven Soderbergh nous initie cette fois ci au milieu des strip-teaseurs avec un ancien d’entre eux, devenu la coqueluche de ces dames : Channing Tatum. Le film avait fait grand bruit : avec ses sept ridicules millions de dollars de budget, le film s’est rentabilisé plus de 22 fois (167 M$). Mais mise à part montrer des hommes bien bâtit se déhancher, y a t-il un réel intérêt cinématographique ?

L’histoire est donc celle de Mike (Channing Tatum). Maçon et entrepreneur le jour, il est connu de la gente féminine pour son show de Magic Mike la nuit, se dévêtant pour elles sur la scène. Une vie bien rodée avec son associé Dallas (Matthew McConaughey) qui espère faire grandir leur business, bien qu’il aspire à un métier plus respectable avec son idée de meubles discount. C’est alors qu’au détour d’un chantier il fera la rencontre de Adam (Alex Pettyfer), un jeune désabusé qui souhaite juste travailler. Le hasard des choses et son corps sculpté le fera monté à son tour sur les planches brûlantes du club de streap-tease, où il se fera connaître sous le nom du Kid.

Derrière une histoire qui semble figée et particulièrement pauvre, autant que dépravée, se cache un drame humain insoupçonné. Car oui, derrière ce tas de muscle, un cœur bat. Mais ne cherchez pas non plus la belle idylle, toute notion de romance est étouffée. Le fer de lance du film sera plus situé du côté du drame humain, entre amertume et désillusions. Certes, le luxe et le train de vie insouciant ont du bon, surtout pour un jeune initié, mais quand on a en face des motivations plus méritantes, le piège semble douloureusement se refermer. Car après tout, quand on a passé toute une vie de gogo-danseur, une réinsertion est-elle possible ? Et pour agrémenter ces réflexions sur ce milieu un peu spécial, le réalisateur nous gratifie d’une image très belle, jouant les couleurs, et assure surtout un travail de montage quasi parfait. Pour régulièrement redynamiser le film, des séquences de danses spectaculaires et audacieuses nous sont offertes, la technique étant assez impressionnante, au delà des pulsions sexuelles féministes. Malheureusement le concept s’use rapidement et ne tient pas la longueur, lassant sur la fin. Donc plus qu’un fantasme de petites frustrées, le film reste une œuvre soignée et pas inintéressante, manquant cependant de réel point de vue ou parti prit, et le fond manque d’évolutions notables.

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Les Associés

Les Associés
2003
Ridley Scott

Pour cette simple comédie de petits escrocs de pacotille, on retrouve de sacrés noms du cinéma : réalisé par le légendaire Ridley Scott, le film est aussi produit l’immense Robert Zemeckis. Une rencontre de titans pleine de promesses, mais difficile de transcender les limites du genre.

Avec son pote Frank (Sam Rockwell), Roy (Nicolas Cage) a mit au point une affaire d’escroquerie bien rodée. Une personne est appâtée par un lot mirobolant, et ils en profitent pour leur refourguer en contrepartie un appareil dix fois le prix, et le lot n’arrivera bien évidemment pas. En revanche, pour en rajouter une couche, les deux compères jouent ensuite aux gentils policiers, volant en plus les coordonnées bancaires des malheureux doublement crédules. Mais entre ses activités frauduleuses et son désert affectif, son désordre émotionnel cause à Roy des terribles tocs ruinant son quotidien. Sur les conseils de son psy, il va reprendre contact avec une ancienne compagne qui aurait été enceinte quatorze ans auparavant, source d’après lui de ses tracas. Va alors débarquer dans sa vie une jeune fille pénible, agaçante et survoltée, mais qui lui apprendra surtout les joies de la paternité.

Donc voilà, deux meilleurs amis pour qui les affaires roulent, et un vide qui va se remplir. Une belle petite comédie classique comme il y en des milliers où tout est téléphoné, où les gags sont potaches et recyclés. Une ambiance naïve où le concept de police est bien loin, leurs exaltions restant impunies. Un concept facile et pas particulièrement fort, d’autant que les tares du personnage principal sont un peu abusives à force. Mais finalement, alors qu’on croyait le film pour ainsi dire fini, un retournement de situation assez colossal survient, donnant plus d’ampleur aux événements de par la force de la suggestion et les vérités soulevées. C’est moche mais ça calme, et c’est surtout inattaquable. Une pirouette millimétrée qui relance l’intérêt mais qui laisse aussi un goût amer. Le bilan est donc mitigé pour cette comédie tout juste sympathique, possédant certes un twist savamment orchestré et complètement inattendu, mais dont les conséquences sont désagréables.

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G.I. Joe – Conspiration

G.I. Joe - Conspiration
2013
Jon M. Chu

Si le bide fut évité de justesse, G.I. Joe premier du nom fut clairement en deçà des attentes en récoltant tout juste 300 M$, empêchant logiquement toutes suites malgré le suspense sur l’échange de président. Malgré tout, une suite fut planifié pour août 2012, avant d’être décalé de 7 mois pour cause d’imprévu. Devant mourir dans le film, Channing Tatum était devenu en l’espace d’un an un phénomène, et pouvoir spéculer sur son capital sympathie était trop tentant. Ainsi, une partie du film a été retourner pour lui donner plus d’importance, lui qui n’était même pas sur les premières affiches, alors même qu’il était le héros du premier.

Déjà méchamment vide au départ, le scénario de cette suite n’évoluera pas d’un iota. Ainsi, le seul et unique objectif des G.I. Joe sera de sauver leur pays d’un président mit en place par l’équipe Cobra, usurpant le poste le plus important au monde. Ce dernier mit fin aux services des G.I. en leur envoyant une salve de missiles destructeurs. Seul rescapé avec deux jeunes recrues, Roadblock (Dwayne Johnson) est bien décidé à mettre tout en œuvre pour dévoiler l’usurpateur, recherchant de l’aide auprès de Snake Eyes et le fameux Joe (Bruce Willis), fondateur de l’escouade.

Pas convaincu du casting de la saga ? Qu’à cela ne tienne, tuons les ! Le problème, c’est que les nouvelles recrues sont passablement mauvaises, surtout la bimbo hideuse et insipide. Les deux poids lourds du cinéma amènent heureusement un peu de prestige, mais ça ne cache pas la misère de l’histoire. Le spectateur ne pourra faire mine de se réveiller que vers la seconde moitié du film, lors du passage aérien assez spectaculaire sur les hauteurs de l’Himalaya. En fait c’est bien simple, entre ça et la menace de destruction planétaire, la bande-annonce révélait l’intégralité des bons moments du films, même si le voir en vrai possède une certaine classe. On aspire même à quelques grandeurs sur la fin, les vingt dernières minutes apportant une bonne purge d’action, qualité qui faisait jusqu’alors défaut. Rien qui ne saurait vraiment sauver le film non plus, sa pauvreté étant flagrante et son côté film d’arts martiaux saoulant à souhait. Le niveau est toujours aussi grotesque et malgré un The Rock balaise, difficile de s’en contenter.

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