Lucy

Lucy
2014
Luc Besson

Alors qu’on attend toujours la fameuse trilogie de science-fiction dantesque que nous avait promit Luc Besson, le réalisateur nous revient après une sacrée période de vaches maigres à nous inonder de ses scénarios inconsistants dans des gros films d’actions redondants. Un retour qu’on espérait énorme vu le potentiel illimité de son film, et l’attente était encore plus grande que prévue, affichant pas loin de 60 millions d’entrées dans le monde (459 M$), dont 5,4 millions d’entrées en France, faisant de lui le plus gros succès français de l’année à domicile, mais surtout le plus gros de tous les temps dans le monde, battant les Intouchables.

En moyenne, l’être humain utilise 10% de ses capacités cérébrales (un mensonge, mais j’y reviendrai). Que pourrait-on faire si nous avions accès à 100% de nos facultés cognitives ? Pour le professeur Norman (Morgan Freeman) qui a voué sa vie à l’étude du cerveau, ce doux rêve n’est que pure spéculation et on ne peut que fantasmer sur l’éventail des possibilités. Seulement pour Lucy (Scarlett Johansson), tout cela va devenir réalité. Une molécule de synthèse reproduisant le choc évolutif que reçoit un bébé dans le ventre de sa mère va être mit au point, et suite à un concours de circonstances, Lucy va se retrouver à devoir faire la mule pour des mafieux cherchant à exporter la molécule en Europe. Mais le produit va malencontreusement se mélanger à son  organisme, et les effets seront sans précédant.

Il y a certaines évolutions possibles, réalistes. Pas forcément la plus facile mais en tous cas l’une des plus pratiques, la régénération cellulaire pourrait être électriquement boostée par le cerveau, mais il serait alors intéressant de savoir quel en serait le coup du point de vu destruction des brins d’ADN. Au même titre, la télépathie et la pensée collective pourraient être provoquées par l’extension dans l’air des impulsions électriques cérébrales, et par là même le déplacement d’objets par la pensée serait acquis. Le film part donc de principes scientifiques honorables, mais il dérape d’emblée. Déjà l’histoire de 10% est fausse. Nous utilisons 100% des capacités de notre cerveau, mais jamais plus de 10% à la fois. Et puis sérieux, c’est quoi ce délire avec les asiatiques ? On ne comprend rien à leurs motivations et ils ne semblent même pas connaître l’origine ni les effets de leur propre produit, alors quand on les voit risquer leur vie pour le conserver, ça semble illogique. Mais bon, on a de belles scènes d’action, une actrice sublime et une tension croissante, donc on pardonne cette écriture à l’arrache avec ses méchants parodiques et un professeur inutile uniquement là pour expliquer au spectateur demeuré ce qu’il se passe. Mais ensuite le film part en vrille à force de vouloir partir le plus loin possible sans se soucier de la continuité de l’histoire. Pas non plus totalement raté, ça n’en reste pas moins du quasi foutage de gueule scénaristique. Le visuel rattrape les choses par des effets spéciaux classes et grandioses, mais ça n’en reste pas moins un croisement entre Transcendance et Her, la psychologie en moins (permettant néanmoins d’échapper au côté malsain). Du très grand spectacle comme prévu, et cela suffira sans doute au bonheur des moins exigeants, mais son histoire est une réelle déception.

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La Plus belle victoire

La Plus belle victoire
2004
Richard Loncraine

L’un des sports les plus pratiqués en France malgré son coût assez élevé, le tennis est globalement très populaire dans le monde, mais se fait rare au cinéma. Seul autre exemple notable sorti peu après, Match Point n’était pas non plus totalement axé sur ce sport, ou tout du moins ne proposait pas une véritable plongée comme ici. Mais le film est avant tout une romance, parce que la passion ça rapproche.

Il a 31 ans, sa carrière est sur le déclin, il est classé 119° mondial et sa qualification au tournoi de Wimbledon est un véritable miracle. Peter Colt (Paul Bettany) a même prévu de mettre un terme à sa carrière à la fin du tournoi, raccrochant pour devenir prof comme tant d’autres. Mais une personne va changer sa vie : Lizzie Bradbury (Kirsten Dunst), star montante du tennis féminin, promise à un brillant avenir et chouchou des médias. Quand elle est là, sa motivation est décuplée et plus rien ne peut l’arrêter. Seulement de son côté, il représente une distraction qui pourrait la mettre en danger.

Ça n’a rien de mystérieux, on brille mieux au soleil. Côtoyer le talent et la rage de vaincre dépeint sur sa propre volonté, et plus l’entourage réussi plus on a tendance à réussir. On est porté par un effet de groupe : si on met un mauvais joueur au milieu des plus grands, il progressera de façon stupéfiante. L’amour donne des ailes lui aussi, et dès le début on se doute qu’il ne se fera pas dégager de sitôt, mais c’est plutôt bien fait et le charme à peine croyable de Kirsten Dunst rend les choses crédibles. Le film baigne dans une magnifique ambiance colorée, alternant entre le crépuscule et l’aurore, renforçant les effets romantiques. Côté humour c’est du British de qualité, et on se paye même quelques guests sympa pour les seconds rôles (Sam Neill, Jon Favreau, James McAvoy et Nikolaj Coster-Waldau). En revanche, si les matchs restent intéressants, d’un point de vu réalisation ça n’est pas très inspiré ni très convaincant. Un beau petit film mignon dans un chouette cadre, c’est déjà bon à prendre.

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Another Happy Day

Another Happy Day
2012
Sam Levinson

L’oiseau est tombé bien loin du nid. Si le père (à qui l’on doit des films comme Good Morning Vietnam ou Rain Man) est un grand réalisateur – ou tout du moins qui a le bol de tomber sur des bons scénarios avec des acteurs d’exception -, le fils ne peut clairement pas en dire autant. Seconde réalisation et première sortie en salle, le film a pourtant connu un certain succès au prestigieux festival de Sundance. Comme quoi ça veut rien dire.

Un mariage devrait être un grand moment festif, mais pas dans cette famille. Alors que le fils aîné doit se marier, abandonné par sa mère et élevée par la nouvelle femme (Demi Moore) de son père (Thomas Haden Church), sa mère doit gérer les retrouvailles entre son ex mari et sa fille (Kate Bosworth), dépressive qui se scarifie et qu’il n’a pas vu depuis sept ans, de même que les problèmes de drogue de son cadet de fils (Ezra Miller). Des tensions palpables, potentiellement explosives.

Non mais réfléchissez deux secondes ! Meilleur scénario face à Another Earth et Kaboom ? Si déjà de base on assiste à un Osage County en encore plus chiant, avec des acteurs moins bons et un rythme encore plus mou, le scénario est de toute façon franchement mauvais. Voilà, une simple réunion de famille avec ses drames, ses engueulades et ses règlements de comptes. Rien d’original ou de spécialement bien fait, juste une mère qui mérite sa place à l’asile et dont la progéniture est un ramassis de dépressifs autodestructeurs. Honnêtement les dialogues ne sont pas bons, les situations vont ou trop loin ou pas assez pour basculer soit vers la comédie soit le pur cynisme dramatique, et les acteurs ne sont pas au niveau pour porter le film à eux seuls. On attend longuement un quelconque déblocage de la situation, une véritable évolution, mais c’est d’une monotonie mortelle. Difficile à dire si c’est l’idée qui est mauvaise ou la façon dont elle a été traité, mais le résultat est là : on se fait carrément chier.

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Predestination

Predestination
2014
Michael Spierig, Peter Spierig

On pensait le filon du genre horrifique des vampires épuisé, mais finalement il y a quatre ans sortait Daybreakers, petite révolution dans le domaine de par son approche incroyable et son scénario plus que solide. Et voilà que le talentueux duo de réalisateurs à qui on devait le film reviennent avec de la SF décrite comme l’une des plus abouties de ses dernières années. Sans aller jusque là, on peut néanmoins dire qu’ils ont encore frappé très fort.

Et si le voyage dans le temps était possible, qu’on pouvait changer le passé, que faire de ce pouvoir ? Une agence gouvernementale américaine a mit au point dans les années 80 un appareil capable de distordre l’espace-temps, et une poignée de recrues est chargée de mener à bien des missions pour rendre le monde meilleur. L’un d’eux (Ethan Hawke) doit retrouver l’un des plus dangereux terroriste de l’histoire : le plastiqueur pétillant. Une mission des plus complexes tant il passe constamment entre les mailles du filet. Pour l’aider dans sa tâche, il est censé recruter une bien étrange personne (Sarah Snook).

Ce film est très perturbant. Après avoir posé les bases de son univers, le film bascule sur une histoire qui n’a, à priori, rien à voir avec le sujet principal, et cette histoire nous met assez mal à l’aise par une ambiguïté cultivée. Et puis on se met à énormément rentrer dedans, au point qu’on a du mal à voir comment le film pourrait en sortir. Brutal dans ses révélations, il met en place une multitudes d’indices indiscernables au début, puis plus on avance plus on se me à douter, à entrevoir des choses inimaginables tant elles dépassent de loin tous les degrés de folie possibles. Le brume se dissipe par zones, montrant des boucles temporelles si élaborées qu’on n’essaye même pas de voir au delà, alors même que tout était évident après coup. De toutes les histoires de voyage dans le temps, jamais un film n’aura su pousser aussi loin une réflexion sur les boucles temporelles, même si au final on reste plus impressionné que conquis, la faute à un côté malsain hors du commun. En tous cas, saluons la performance hallucinante des deux acteurs principaux, surtout Sarah Snook qui est une révélation d’envergure. Une ambiance léchée, aussi glauque qu’oppressante, une réalisation efficace et stylisée, des acteurs brillants, et surtout un scénario d’une rare sophistication. Le manque de budget se sent et on aurait aimé pousser le principe de voyage dans le temps aussi loin que l’histoire des personnages, mais c’est déjà réellement bluffant.

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Les Francis

Les Francis
2014
Fabrice Begotti

Voilà un film dont on ne ressort pas entier. Mais nom de Dieu, que s’est-il passé ? Un film corse, en Corse, sur des corses, par des corses. Et pourtant, le film est une honte absolue qui donnerait des envies de meurtre à n’importe quel habitant de l’île de beauté tant c’est une avalanche de clichés maladroits et préjudiciables. Ça ne donne clairement pas envie d’y foutre les pieds vu le ramassis de dégénérés qui la peuplent.

Foutage de gueule hors du commun, le scénario est une injure au bon sens, à la Corse, à l’humour et au cinéma en général. Quatre potes (dont Lannick Gautry et Medi Sadoun) décident de partir en Corse selon les dernières volontés du grand-père de l’un d’eux, dans le but de retrouver une personne sur une photo. Sur place, l’un d’eux va draguer la mauvaise fille (Alice David), s’attirant les foudres de son psychopathe de grand frère (Thierry Neuvic), bien décidé à les pourchasser sur toute l’île.

Ça me sidère qu’on puisse accorder un financement à ce genre de daube infâme. Et qu’on m’achève si les les scénaristes ont osé demander de l’argent ! Non mais sérieux, c’est juste pas possible, même en faisant exprès, de rater à ce point le film ! Faire une caricature foireuse d’Elie Semoun, admettons, mais rendre Grégoire Ludig et David Marsais du Palmashow insipides, c’est fort, très fort ! Un sans-faute dans le non-drôle, ratant effet après effet, forçant les traits de caractère des personnages jusqu’à les rendre insupportables, pour finir sur une chasse à l’homme affligeante de bêtise et interminable de redondance. Le film part tellement dans l’outrancier qu’on lâche quasi d’emblée, et toute forme de cohérence est proscrite, jusqu’à son clip de générique sorti de nulle part. Le héros est l’un des pires acteurs jamais casté, le scénario est affligeant, fatiguant de prévisibilité, et même la réalisation fait mal au crâne. Donc voilà, si vous allez en Corse, on va tenter de vous tuer sans la moindre raison, car les gens là bas sont les pires abrutis consanguins de la Terre. Un film scandaleux, nuisible intellectuellement et culturellement.

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Catacombes

Catacombes
2014
John Erick Dowdle

Ça devient une habitude, le cinéma horrifique est de plus en plus lié au tournage en found-footage, et certains s’en lassent, à tord. Le procédé est excellent et ne doit pas être remit en cause sous prétexte que bon nombre de films l’ayant récemment utilisé se sont avéré très mauvais. La preuve en est avec cette plongée en enfer qui vous glacera le sang.

Si vous aussi vous croyiez que J.K. Rowling avait inventé le personnage Nicolas Flemming et sa Pierre Philosophale, eh bien sachez que non, tout deux ont réellement existé. Considéré comme le plus grand alchimiste de l’histoire, il est « mort » en emportant avec lui le secret de sa pierre, mais pour qui saurait déchiffrer et comprendre son alphabet, alors le chemin lui sera révélé. Scarlett, une professeure d’université anglaise, a justement découvert la statue de rosette permettant de déchiffrer la tablette de Nicolas Flemming. Son trésor serait caché une centaine de mettre en dessous de sa « tombe », dans une galerie inconnue des catacombes parisiennes.

La claustrophobie est l’une des peurs les plus répandues, alors baser tout un film là dessus ne peut qu’être une bonne idée : Sanctum s’en tirait pas trop mal, mais il n’avait pas le côté fantastique ici salvateur. En effet, si avancer dans des dédales minuscules cernés par les restes de six millions de cadavres est déjà angoissant en soit, l’escouade d’aventurier sera aussi confrontée à des choses bien plus terrifiantes qu’une secte sataniste en masques sortie de nulle part. En s’enfonçant dans les entrailles de la terre, l’équipe se retrouvera face à des manifestations surnaturelles de plus en plus effrayantes, jusqu’à se retrouver physiquement dans les enfers, machiavéliques et vengeurs. Une montée crescendo dans l’horreur, basculant de plus en plus dans le fantastique avec une efficacité redoutable, vous prenant vraiment aux tripes. Bien plus subtil que la plupart des films du genre, le film surprend très souvent, osant des pistes plus psychédéliques, et ça rend très bien. Une bien belle surprise qui réconciliera avec un genre régulièrement sali.

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Les Vacances du Petit Nicolas

Les Vacances du Petit Nicolas
2014
Laurent Tirard

Annoncé peu après la sortie du Petit Nicolas, cette suite a pourtant mit près de cinq ans à voir le jour. Adapté de la célèbre bande-dessinée de Goscinny et Sempé, le premier film avait surpris son monde en terminant sa course à 5,6 millions d’entrées malgré des critiques peu enthousiastes, mais ça restait un film divertissant, bon enfant et qui touche à la fibre nostalgique, la meilleure de toutes. Comme pour Ducobu, le voici donc passer par la case Vacances, de quoi nous faire trembler de peur.

Après toute une série d’étés passés à la montagne, le père de Nicolas (Kad Merad) a enfin obtenu gain de cause : cette fois-ci, direction la mer ! Seule ombre au tableau, la présence obligatoire de sa belle mère (Dominique Lavanant), aussi gâteuse qu’infecte. Pour Nicolas, l’été sera l’occasion de se faire plein de copains, mais peut-être une amie aussi avec la fille d’un vieux camarade de son père (Bouli Lanners). Pendant ce temps, la plage est prise d’assaut par un réalisateur italien qui a décidé de jeter son dévolu sur la mère de Nicolas (Valérie Lemercier).

Après nous avoir détruit la franchise Astérix avec un four commercial jamais vu, même si le résultat était légèrement moins catastrophique que le précédent long-métrage du gaulois moustachu, son réalisateur continu dans la BD sans tellement briller, perdant un peu l’esprit de l’époque. Des vacances comme ça pourraient tout aussi bien être contemporaines, et perdre le cadre scolaire rend le film un peu moins bon que le premier. Mais il est vrai que les vacances permettent aussi une bonne diversité, et si on tombe fréquemment dans la caricature, certains passages font mouche. Le père de Nicolas est un vrai bon personnage, et les quiproquos avec son ancien ami sont amusants, et plus encore, Nicolas lui-même est pas mal. L’acteur reprenant le rôle s’en sort bien, et ses romances sont à la fois mignonnes et très comiques, avec le coup de la lettre très réussi. Le film joue pas mal sur la naïveté des enfants, et le musée de la guerre s’en sert à merveille. Mais le film est aussi occasionnellement lourd, notamment avec tout ce qui entoure la mère et l’histoire avec le réalisateur, et certains gags avec les enfants sont très grossiers. Du bon et du mauvais, mais toujours dans la facilité. Du divertissement pour pas cher serait-on tenté de dire, mais avec des résultats en salle en deçà de la moitié du précédent (2,4 millions d’entrées), ça n’a pas été très rentable.

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Groupe d’élite

Groupe d’élite
2013
Alberto Rodriguez

Bien que lui aussi hispanique et ayant plus ou moins le même thème, ça n’est pas le même film que Tropa de Elite, saga brésilienne au succès carrément indécent vu le peu d’intérêt qu’elle suscite. Le succès ne fut pas le même non plus : à peine plus de trois-cent-mille entrées natives, et pas d’exportation en salle. Alors comme d’habitude avec ce genre de films, je vais le démonter comme il se doit, et si quelqu’un a beaucoup aimé, c’est que son cerveau est malade.

La drogue c’est mal. Euh oui mais ça rapporte, et puis la situation économique, le marché de l’emploi… C’est juste pour ma consommation personnelle. Ah vraiment, c’est de la drogue ? Je savais pas. Et sinon, niveau corruption vous êtes hermétique comment ? Voilà quel était le quotidien d’une brigade de la police de Séville dans les années 80. Angel, nouvelle recrue un peu choquée par sa plongée brutale dans ce milieu dont il ne pouvait soupçonner la déchéance, va décider de prendre le système a son propre jeu. Après avoir perquisitionné une grande quantité de drogue, il va avoir l’idée, au lieu de l’enregistrer parmi les preuves et coffrer une poignée de prostituées, de s’en servir avec ses collègues pour créer des preuves et faire tomber les plus gros bonnets. La loi, c’est eux, et ça n’a jamais été aussi vrai.

J’en ai ma claque, je craque, la haine me gagne. Est-il possible de faire autre chose qu’un énième film policier sur des flics ripoux ? Bordel ! Encore, si c’était le dixième film du genre, mais ça fait depuis que le cinéma existe qu’on a droit à ce genre d’histoires ! Les mêmes situations, les mêmes gros durs, la même violence « insupportable », et tous ces simagrées sur la psychologie des pauvres policiers confrontés à ça. Mais si vous ne supportez pas ce genre de choses, fallait choisir un autre métier, merde ! Donc petit coup de gueule sur le scénario le moins original du siècle, mais même indépendamment de ça, le film est mauvais. Les acteurs s’en sortent à peu près, la réalisation passe aussi, rattrapant même quelques passages grâce à un effet de dynamisme bien venu, mais ça n’empêche que ça manque de rythme, que les passages à vide sont légion et que l’histoire, avalanche de clichés, est incroyablement redondante. Et dire que de l’argent public a été mit là dedans, c’est dégueulasse.

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Les Gardiens de la Galaxie

Les Gardiens de la Galaxie
2014
James Gunn (II)

Mon premier réflexe en voyant la bande-annonce fut de me dire : « ça y est, je commence à me lasser des Marvel, et celui-là m’a l’air en plus vraiment pas terrible ». Il faut dire que Captain America 2 n’est toujours pas plus convaincant, et Thor 2 fut une légère déception. J’étais personnellement donc très frileux, mais il est vrai que si certains n’y croyaient que modérément avant sa sortie, beaucoup ayant été étonné par ses 771 M$ dans le monde, Disney nourrissait pourtant une ambition énorme pour cette nouvelle franchise. Annoncé dans la scène post-générique de leur film événement Avengers, puis encore évoqué deux fois sur les trois films sortis depuis, le film prévoyait deux cross-over majeurs entre les Gardiens, leur héros fétiche Iron Man, mais plus surprenant encore, Star Wars. Et plus de six mois avant la sortie du film, les peluches Rocket-Raccoon étaient déjà annoncées comme comptant parmi les meilleures ventes de ce Noël, une confiance peu commune. Un succès prévu de longue date, qui n’a surprit que les néophytes, mais comme tout succès si populaire, le mérite n’est pas entier.

Avant de devenir des gardiens, héros de la galaxie, chaque membre a connu des débuts sinueux. Chasseur de trésor peu scrupuleux, Peter Quill (Chris Pratt), alias Starlord, a réussi à récupérer une orbe dont il ne soupçonne pas l’immensité de ses pouvoirs. Fille de Thanos, la plus grande menace de l’univers, Gamora (Zoe Saldana) est chargée de récupérer l’orbe, mais les choses ne se passèrent pas comme prévu. Sur les traces de Starlord, elle va aussi tomber sur Rocket-Raccoon (Bradley Cooper) et son garde du corps Groot (Vin Diesel), eux aussi très intéressés par lui, mais pour la prime pesant sur sa tête. Leur altercation les mènera en prison, où il feront la connaissance de Drax le destructeur (Dave Bautista), en quête de vengeance depuis l’exécution de toute sa famille. La menace de Ronan l’accusateur, voulant détruire le centre névralgique de la galaxie, les rassemblera autour d’une même cause.

Après une intro complètement cliché et quasi ringarde, le film dévoile des personnages non moins caricaturaux entre une espèce d’Indiana Jones de l’espace, une voleuse sexy style Catwoman mais en verte, ou encore une espèce de brute décérébrée. Ils ne sont pas raté, au contraire, mais ils sont stéréotypés à outrance. Mine de rien, les personnages les plus convaincants sont les purement numériques : Raccoon et Groot. Pas non plus un coup de génie prodigieux, ils sont un peu plus originaux, et souvent drôles. Et c’est un peu là le plus gros mensonge du film, le projet « risqué » de Marvel, le film « extravagant » n’est en réalité qu’un Space Opéra extrêmement classique, au style de narration habituel (l’éternelle histoire en trois actes), aux rebondissements prévisibles et au scénario plutôt pauvre : il faut sauver le monde de la destruction. Rien de surprenant, ni sur la forme ni sur le fond. Et graphiquement, on pourrait même parler de petite déception : les 170 M$ de budget se voient, mais mal. Le film pue les effets spéciaux de partout, comme si strictement aucun décors n’était naturel, et trop c’est trop. À vouloir balancer des lumières extraordinaires de partout, des vaisseaux kitsch et vachement colorés, et des explosions à perte de vue, le film paye sa surenchère par une crédibilité visuelle nulle, et il n’avait pas besoin de ça pour souffrir de ce genre de problème. L’espace est un tombeau à ciel ouvert, et le film l’oubli en permanence, faisant s’y promener des gens, cheveux au vent, sans souffrir spécialement du froid. Une bonne poignée de scènes feront hérisser le poil des scientifiques, et même les plus ignorants ne peuvent que s’en rendre compte. En plus de ça, le film souffre de certains maquillages immondes, renforçant le côté toc de l’ensemble. Esthétiquement le bilan est donc très mitigé. En fait, le film rappelle beaucoup le premier épisode du reboot de Star Trek : du très bon boulot, fun et explosif, mais le fond est un peu léger et le design n’est pas à la hauteur.

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La voie de l’ennemi

La Voie de l’ennemi
2014
Rachid Bouchareb

On peut vraiment se demander où va l’argent publique quand on voit une telle hérésie. D’un budget forcément conséquent vu le duo sur l’affiche, le film est une production algérienne – chose étonnante de rareté, mais logique vu l’histoire – au casting et aux décors américains, mais il n’est sorti qu’exclusivement en France, tout ça pour pour même pas quarante-mille entrées. Une seule question se pose alors : qui a payé pour ce film si ennuyeux ?

Peut-on croire en la réinsertion criminelle ? Condamné à 21 ans de prison pour le meurtre de l’adjoint du shérif (Harvey Keitel), William Garnett (Forest Whitaker) s’est vu offrir la possibilité de sortir de prison après avoir purgé 18 ans, faisant les trois années restante en résidence surveillée. Une nouvelle géniale pour lui, qui a trouvé la paix grâce à Allah, et qui est désormais prêt à recommencer une vie normale, laissant derrière lui son passé de truand dealeur de drogue. Mais seulement ni le shérif ni ses anciennes fréquentations ne seront d’accord avec ça.

Un criminel multi-récidiviste, personne ne croit en sa rédemption, ou du moins ne veut y croire. 18 ans que le shérif rumine le meurtre de son adjoint, et voir son assassin essayer de se poser en modèle de vertu, c’est au dessus de ses forces. Un scénario cousu de fils blancs entre des anciennes fréquentations qu’on s’imagine bien revenir, et un shérif qui va évidemment tout faire pour le faire replonger. Et forcément, quand on pousse quelqu’un jusqu’au bout, il craque inévitablement. La seule question était de savoir si il allait replonger en prison, si il allait se faire butter ou si il allait butter quelqu’un. Sa quête de rédemption est donc un peu vide de sens, et de toute façon elle ne passionne pas. Le début manque cruellement de rythme, d’enjeux, et la suite ne les développera que trop peu. Niveau casting Forest est un peu tout seul, et il n’a pas un rôle ne serait-ce qu’avoisinant le degré d’intérêt du Dernier roi d’Ecosse. On s’ennui presque tout le temps, que ce soit parce que le film est trop mou ou trop banal. Donc oui en fait, c’est normal que quasiment personne n’ait voulu le diffuser.

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